Publiée le 1er octobre 2025, une étude menée par Ipsos a mis en lumière un chiffre alarmant : un étudiant sur trois envisage d’arrêter ses études en raison de sa santé mentale. Derrière ce chiffre alarmant, une souffrance réelle est mise en lumière.
Santé mentale étudiante : émergence d’une souffrance structurelle
La santé mentale des étudiants n’est plus un angle mort des politiques publiques. Elle constitue désormais un indicateur central de la fragilité d’une génération confrontée à des exigences académiques élevées, une précarité croissante et un avenir perçu comme incertain.
Le Baromètre de la santé mentale des étudiants 2025 dresse un constat sans détour : la majorité des étudiants présentent aujourd’hui des signes de souffrance psychologique cliniquement repérables. Moins d’un étudiant sur deux estime avoir une bonne santé mentale. Ce niveau est nettement supérieur à celui observé dans la population générale, ce qui interroge directement les conditions dans lesquelles se déroule l’expérience étudiante.
Une souffrance qui impacte directement les études
Fatigue chronique, troubles du sommeil, perte de concentration, anxiété persistante… Ces symptômes ne sont pas anecdotiques. Ils affectent concrètement la capacité à suivre le rythme des cours, à se projeter dans les examens ou à maintenir une motivation stable. 73 % des étudiants interrogés ressentent souvent une forte charge mentale liée à leurs études.
Progressivement, cette difficulté à “tenir” se transforme en décrochage intérieur, puis en remise en question du sens même du parcours universitaire. Près de 38 % des étudiants envisagent désormais d’arrêter leurs études pour des raisons de santé mentale. Ce chiffre ne traduit pas un manque de volonté individuelle, mais un épuisement psychique face à un système perçu comme peu soutenant.
Des facteurs multiples, entremêlés… et cumulatifs
Le rapport met en évidence une accumulation de facteurs de stress : pression académique, inquiétudes financières, peur de l’avenir professionnel, surcharge informationnelle, éco-anxiété. Aucun de ces éléments ne suffit à lui seul à expliquer la détresse, mais leur enchevêtrement crée une charge mentale élevée, difficile à identifier et encore plus difficile à soulager.
À cela s’ajoute une réalité trop souvent minimisée : les violences en milieu étudiant. Harcèlement, humiliations, violences sexuelles ou psychologiques concernent plus de deux étudiants sur cinq. Ces expériences ont des répercussions psychiques lourdes et durables, d’autant plus lorsqu’elles restent tues, ce qui est encore largement le cas.
Une solitude psychologique persistante
Enfin, le rapport souligne un paradoxe préoccupant : alors que la santé mentale est davantage médiatisée, le sentiment d’isolement reste massif. Plus de la moitié des étudiants n’iraient pas spontanément vers les dispositifs de soutien proposés par leur établissement.
Par manque de visibilité, par défiance, ou parce que la souffrance psychique reste associée à la honte ou à la peur d’être jugé.
Ce constat invite à dépasser une lecture individualisante du mal-être étudiant. La santé mentale ne peut être pensée uniquement en termes de “résilience personnelle”. Elle interroge l’organisation des études, la prévention, l’accessibilité aux soins et la reconnaissance institutionnelle de la souffrance psychique.
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