Vous avez peut-être déjà ressenti cette fatigue invisible dans votre couple : organiser les sorties, écouter sans fin les soucis de votre partenaire, gérer son agenda social… Ce phénomène a un nom ; il s’agit du mankeeping. Ce terme désigne le travail émotionnel et social que les femmes effectuent souvent seules pour compenser le réseau social réduit de leur partenaire masculin. Il a été popularisé par une étude de l’université de Stanford intitulée « What is Mankeeping? The Male Friendship Recession and Women’s Associated Labor » publiée en 2024 dans le magazine Psychology of Men and Masculinities. Il faut bien comprendre que ce n’est pas une simple corvée domestique, mais une charge affective véritable qui impacte profondément le bien-être mental des femmes.

Les trois piliers du mankeeping

Le mankeeping englobe trois piliers principaux :

  • le soutien psychologique constant,
  • la mise en réseau sociale (comme organiser des rencontres avec les amis)
  • l’apprentissage de compétences sociales pour le partenaire.

Par exemple, une femme se retrouve petit à petit en charge d’acheter des cartes d’anniversaire au nom de son conjoint, de planifier son calendrier amical ; elle devient sa principale confidente, sans réciprocité. Ce déséquilibre est amplifié par la solitude croissante des hommes : 15% d’entre eux n’ont aucun ami proche, contre 3% en 1990, selon les chercheurs de Stanford.

Pourquoi cela nuit à la santé mentale des femmes … et des hommes

Le mankeeping ne doit pas être pris à la légère car il constitue une menace pour le couple via la dégradation de la santé mentale des deux membres. Assumer seule le mankeeping impacte à long terme le bien-être personnel des femmes. Selon un article du New-York Times, cela peut engendrer du ressentiment, des frictions dans le couple, voire un burn-out émotionnel.

  • Les femmes vont négliger leurs propres besoins émotionnels, ce qui génère fatigue psychologique et déséquilibre relationnel, voire un épuisement affectif total.
  • Les hommes voient leur isolement chronique s’accroître, malgré une apparence de relations maintenues par procuration ; leur résilience émotionnelle est impactée.

Cette dynamique érode l’intimité : la partenaire se sent plus comme une thérapeute que comme une égale.

Mankeeping : quels signes doivent vous inquiéter ?

Il existe plusieurs signaux d’alarme.

  • Vous gérez seul(e) l’agenda social de votre partenaire, sans qu’il/elle ne prenne d’initiatives.
  • Le soutien émotionnel est à sens unique : vous écoutez, mais on ne vous rend pas la pareille.
  • Vous ressentez une fatigue mentale inexpliquée, même sans surcharge domestique évidente.

Ces signaux, souvent invisibles au début de la relation, s’accumulent petit à petit, minent le quotidien et peuvent mener à un retrait émotionnel silencieux.

Comment en sortir pour préserver son équilibre mental ?

Il convient de mettre en place une communication ouverte : discutez régulièrement (hebdomadaire par exemple) des charges émotionnelles pour rééquilibrer.

Chaque partenaire doit encourager l’autre à cultiver ses propres amitiés : appeler un ami renforce la santé mentale et réduit le fardeau émotionnel de sa compagne.

Prenez soin de vous : priorisez vos propres réseaux et besoins pour éviter l’épuisement.

Cultivez la réciprocité afin de protéger votre charge mentale et de cultiver votre relation.

Comment un psychologue peut-il vous aider face au mankeeping ?

Au besoin, une thérapie de couple peut aider à développer l’empathie mutuelle. Le psychologue vous aidera à identifier précisément les dynamiques de mankeeping dans votre relation, en utilisant des outils comme l’analyse des charges émotionnelles partagées.

Il peut propose des séances individuelles ou de couple pour restaurer l’équilibre : apprentissage de l’assertivité pour exprimer vos limites, exercices pour que votre partenaire développe son autonomie émotionnelle et sociale.

Grâce à une approche bienveillante, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), vous gagnerez en clarté sur vos besoins et en outils concrets pour une réciprocité durable, prévenant ainsi le burn-out relationnel.

Cet article vous interpelle ? Vous vous retrouvez dans ces lignes ? N’hésitez pas à me contacter pour en discuter.

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