Le développement continu des outils numériques et des réseaux sociaux redéfinit les interactions sociales, mais il s’accompagne également de nouvelles formes de vulnérabilités psychologiques et de violences. Parmi les problématiques émergentes en santé mentale et en sécurité publique figure un acronyme de plus en plus central dans les politiques de prévention : les VBGFT, ou Violences Basées sur le Genre Facilitées par la Technologie. Récemment mis en lumière lors d’une conférence organisée par Expertise France (en replay ICI) à la Cité Audacieuse, ce concept permet de nommer et d’analyser des comportements malveillants dont les conséquences psychologiques sont particulièrement sévères pour les victimes, majoritairement des femmes et des filles.

VBGFT : définition et contours

Les Violences Basées sur le Genre Facilitées par la Technologie désignent l’ensemble des actes de harcèlement, d’intimidation, de harcèlement sexuel ou d’exploitation perpétrés au moyen d’outils numériques (smartphones, réseaux sociaux, applications de messagerie, forums).

Ces violences prennent des formes diverses et de plus en plus sophistiquées :

  • Le cyberharcèlement et le cybersexisme – Des campagnes de dénigrement ou d’insultes coordonnées ciblant une personne en raison de son genre.
  • La diffusion non consentie d’images intimes – Souvent qualifiée de « revenge porn », cette pratique vise à humilier et à détruire la réputation de la victime.
  • Les deepfakes à caractère sexuel – L’utilisation de l’intelligence artificielle pour truquer des contenus vidéo ou photo afin d’y insérer le visage d’une personne à son insu.
  • La cybertraque (cyberstalking) – L’utilisation de logiciels espions ou d’outils de géolocalisation pour surveiller les faits et gestes d’un ou d’une partenaire.

L’impact psychologique de la violence en ligne

Contrairement aux idées reçues, la violence virtuelle n’a rien de virtuel dans ses conséquences. En clinique, les répercussions des VBGFT s’apparentent fréquemment à celles d’un traumatisme. La porosité entre l’espace public numérique et l’espace privé (le domicile) supprime tout sentiment de sécurité pour la victime.

Les professionnels de la santé mentale observent chez les personnes ciblées des troubles anxieux sévères, des états de stress post-traumatique (ESPT), un isolement social protecteur, des épisodes dépressifs ainsi qu’une altération profonde de l’estime de soi. L’omniprésence d’Internet prolongeant indéfiniment la durée de l’agression, la victime se retrouve dans un état d’hypervigilance constante.

Prévention et solutions numériques : vers une prise en charge globale

La lutte contre les VBGFT nécessite une approche multidisciplinaire, associant le soutien psychologique, l’arsenal juridique et l’innovation technologique. Les initiatives actuelles, telles que celles débattues à la Cité Audacieuse, mettent en avant plusieurs axes d’action :

  • Le développement de solutions numériques protectrices – La création d’applications de signalement rapide, de coffres-forts numériques pour sécuriser les preuves, l’amélioration des algorithmes de modération des plateformes.
  • La diffusion de bonnes pratiques de cyber-sécurité – L’éducation à la gestion des données personnelles, l’utilisation de double authentification et la sensibilisation au consentement numérique dès le plus jeune âge.
  • L’accompagnement thérapeutique spécialisé – Offrir des espaces de parole dédiés pour aider les victimes à sortir de la culpabilité et à reconstruire leur intégrité psychique.

Comprendre et nommer les VBGFT est la première étape essentielle pour mieux protéger, orienter et soigner les personnes confrontées à ces nouvelles formes de violence.

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