Dans mon cabinet, il m’arrive de proposer à certains patients des exercices de gratitude. Ce n’est ni une recette miracle, ni une obligation à “voir le positif” mais un outil thérapeutique, simple, accessible, et parfois très puissant. Car porter attention à ce qui va bien peut aider le patient, et doucement changer son regard, son approche. Avant d’entrer dans la pratique, il est important de comprendre ce que l’on met réellement derrière le mot gratitude.

Qu’est-ce que la gratitude ?

Oubliez l’émotion naïve, l’optimisme forcé. En psychologie, la gratitude désigne la capacité à reconnaître et à accueillir ce qui est soutenant, aidant ou ressourçant, même au cœur d’une période difficile.

Petite précision : être dans la gratitude ne signifie pas nier la souffrance. Cela implique plutôt d’élargir le champ d’une attention initialement focalisée sur le manque, la douleur ou l’échec.

La gratitude : pourquoi faire ?

Lorsque nous allons mal, notre esprit a tendance à se rigidifier ; il repère surtout ce qui ne va pas, il anticipe le pire, il rumine.

Les exercices de gratitude permettent de :

  • ralentir ce fonctionnement automatique
  • réintroduire de la nuance
  • reconnecter à des ressources parfois oubliées.

Sur le plan psychologique, ils participent à une meilleure régulation émotionnelle, une diminution du stress et de l’anxiété, un apaisement du climat intérieur.

La place de la gratitude dans le processus thérapeutique

En thérapie, la gratitude n’est jamais imposée. Elle est proposée lorsque la personne est suffisamment stable pour l’accueillir. Elle ne remplace ni l’élaboration des traumatismes, ni le travail sur les blessures.

Elle vient en complément, comme un soutien. Pour certains patients, elle aide à :

  • sortir d’une vision du « tout ou rien »
  • renforcer l’estime de soi
  • réhabiliter des expériences positives souvent minimisées.

C’est un travail de rééquilibrage, non d’évitement.

5 exercices de gratitude pour se porter mieux

Quid des exercices qui vont favoriser ce rééquilibrage ? Voici quelques exemples, des exercices simples qui peuvent être pratiqués seuls ou accompagnés, à votre rythme.

1. Le rituel des trois choses

Chaque jour, notez trois choses pour lesquelles vous éprouvez de la gratitude. Elles peuvent être très simples : un moment calme, un sourire, un rayon de soleil.

L’objectif n’est pas la performance, mais la régularité.

2. La gratitude corporelle

Prenez un moment pour porter attention à votre corps. Identifiez une zone qui fonctionne bien, qui vous soutient, qui vous fait du bien.

Cela permet de renouer avec une relation plus apaisée au corps.

3. La lettre de gratitude (envoyée ou non)

Écrivez une lettre à une personne qui a compté pour vous. Vous pouvez l’envoyer… ou simplement l’écrire pour vous.

Cet exercice travaille en profondeur le lien, la reconnaissance et l’émotion.

4. Le scan de fin de journée

Avant de dormir, repensez à votre journée et repérez un moment, même bref, qui a été soutenant.

Cela aide à calmer le mental et à favoriser l’endormissement.

5. La gratitude envers soi-même

Cet exercice est souvent le plus difficile.
Il consiste à reconnaître un effort, une qualité ou une action personnelle, sans jugement.

C’est un outil précieux pour renforcer l’estime de soi.

Résumons

La gratitude n’est ni une injonction au bonheur, ni une négation de la souffrance. C’est une pratique d’attention, qui peut soutenir le travail thérapeutique lorsqu’elle est proposée avec justesse.

Comme tout outil, elle ne convient pas à tout le monde, ni à tous les moments.
Mais lorsqu’elle trouve sa place, elle peut ouvrir un espace de respiration psychique.

Cet article vous interpelle ? Vous vous retrouvez dans ces lignes ? N’hésitez pas à me contacter pour en discuter.

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