“Pense positif !”
Combien de fois avez-vous entendu cette phrase ? Comme si tout dépendait de la façon dont on voit les choses. Comme si le simple fait de “changer son état d’esprit” suffisait à dissoudre la souffrance.

Mais la réalité psychique est plus complexe. Penser positif ne guérit pas une dépression, ne soigne pas un trauma, ne remplace pas un travail psychique.

La positivité toxique : quand l’optimisme devient une injonction

Cultiver la gratitude ou le regard positif sur la vie peut aider, c’est vrai. Mais lorsque ce discours devient une obligation morale, une violence supplémentaire. Il nie la souffrance, la colère, la peur. Il laisse entendre que si vous allez mal, c’est parce que vous “ne pensez pas assez bien”.

C’est ce qu’on appelle la positivité toxique : une version simplifiée, culpabilisante du bien-être. Un slogan dangereux, parce qu’il isole ceux qui souffrent au lieu de les aider.

Non, la pensée n’a pas tous les pouvoirs

Nos pensées influencent nos émotions, bien sûr. Mais elles ne contrôlent pas tout. Un trouble anxieux, un épisode dépressif, un état de stress post-traumatique ne disparaissent pas par la force du mental. Ce sont des déséquilibres complexes, à la fois biologiques, émotionnels et psychiques.

Dire à quelqu’un “pense positif” quand il est en détresse, c’est comme dire à une personne avec une jambe cassée de courir un marathon. Ce n’est pas un conseil — c’est une méconnaissance du soin.

Ce dont on a besoin, ce n’est pas de mantras

Ce dont on a besoin, c’est de reconnaissance :

  • Certaines douleurs ne se dépassent pas à coups d’affirmations.
  • On peut aller mal sans être responsable de sa souffrance.
  • Un accompagnement psychologique, une écoute, un traitement, peuvent être nécessaires.

Penser positif peut être un outil. Mais ce n’est jamais un traitement.

Se libérer de la tyrannie du bonheur

Dans une société obsédée par la performance émotionnelle, on confond trop souvent bien-être et perfection affective.
Mais aller mieux, c’est apprendre à accueillir le réel, même lorsqu’il est douloureux. C’est autoriser la tristesse, la peur, la colère — sans honte, sans culpabilité.

Rappelez-vous que la santé mentale ne se résume pas à “voir le verre à moitié plein”. Elle consiste à accepter que parfois, le verre est vide. Et que c’est humain.

Cet article vous interpelle ? Vous vous retrouvez dans ces lignes ? N’hésitez pas à me contacter pour en discuter.

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