“Allez, il faut se motiver !” C’est ce qu’on dit à quelqu’un qui va mal, en pensant que la volonté suffit, que le mental peut tout réparer. Or la motivation n’est pas un remède. Quand on traverse un trouble psychique, elle ne disparaît pas par paresse, elle s’effondre parce que l’esprit est épuisé.
Confondre volonté et santé mentale
Dans l’imaginaire collectif, aller mieux dépendrait d’une seule chose : “avoir la bonne attitude”. C’est faux ET culpabilisant. La dépression, l’anxiété, le burn-out, les troubles alimentaires ou les addictions ne sont pas des problèmes de volonté.
Ce sont des désordres complexes, biologiques, psychologiques et émotionnels. Dire à quelqu’un “bouge-toi un peu”, “fais un effort”, “il faut te motiver”, c’est nier la réalité de sa souffrance. C’est aussi entretenir une honte tenace : celle de ne pas être “assez fort”.
Quand la motivation s’effondre, c’est le symptôme — pas la cause
La perte de motivation est souvent l’un des signes précoces de la dépression. Le cerveau, saturé par le stress et la douleur psychique, ne parvient plus à mobiliser l’énergie nécessaire pour agir.
La personne n’a tout simplement plus les ressources internes pour l’activer.
Dire « Motive-toi ! » dans ces circonstances, c’est comme demander à quelqu’un qui se noie de “nager plus vite”. Ce dont il a besoin, ce n’est pas d’encouragements, mais d’une main tendue.
La motivation revient quand on se sent en sécurité
Avant de “retrouver la motivation”, il faut d’abord retrouver la stabilité. Dormir, manger, parler, se sentir entendu. Ce sont ces fondations qui permettent au système nerveux de se réguler, à l’énergie de revenir, à la pulsion de vie de refaire surface.
La motivation n’est pas le point de départ du soin. Elle résulte du travail thérapeutique.
Cesser de glorifier la performance émotionnelle
Dans notre société, on valorise ceux qui “tiennent”, “se battent”, “rebondissent vite”. Mais cette glorification du mental fort invisibilise la vulnérabilité. Elle pousse à taire la détresse, à faire semblant d’aller bien pour ne pas décevoir.
Or, la vraie force, c’est reconnaître quand on n’en a plus. C’est oser dire “je n’y arrive plus seul”.
C’est accepter d’être aidé — parce que c’est ça, le premier acte de courage.
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