On aime croire que l’amour peut tout guérir, qu’aimer ou être aimé suffirait à combler les blessures, à apaiser les manques, à réparer les failles du passé.
C’est une belle idée. Mais en psychologie, c’est un mythe dangereux.
L’amour n’efface pas les blessures d’enfance
Non, tomber amoureux ne fait pas disparaître les traumas.
Une relation ne peut pas réparer ce que d’autres ont abîmé. Elle peut offrir un espace de soutien, de confiance, de douceur — mais elle ne remplacera jamais le travail intérieur.
Beaucoup de personnes, souvent sans s’en rendre compte, cherchent dans le couple une figure réparatrice : celle qui comblera le vide, qui prouvera enfin qu’on mérite d’être aimé. Mais ce besoin absolu d’amour finit par étouffer la relation. Parce qu’aucun partenaire ne peut combler un manque d’estime de soi.
L’amour n’est pas une thérapie
Aimer ne suffit pas. On peut être profondément aimé et rester malheureux. On peut vivre une relation sincère et se sentir toujours vide, inquiet, en insécurité.
Pourquoi ? Parce que le mal-être ne vient pas toujours de l’extérieur. L’amour ne peut pas réparer une blessure qui n’a jamais été reconnue. Ce qu’il faut, c’est une prise de conscience, une parole, un accompagnement. L’amour peut accompagner la guérison, mais il ne peut pas la produire.
Quand l’amour devient pansement
Certaines relations se construisent sur un malentendu : l’idée que l’autre va nous sauver. Mais on ne peut pas soigner un trauma avec une histoire d’amour. Ce type de lien devient vite épuisant : pour celui qui attend d’être réparé, et pour celui qui porte le poids de la reconstruction de l’autre.
L’amour pansement finit par s’user, parce qu’aimer quelqu’un ne signifie pas pouvoir le guérir.
L’amour, c’est un lien, pas un remède
L’amour est précieux, nécessaire, nourrissant. Mais pour qu’il tienne, il faut deux individus autonomes, pas deux blessés qui s’accrochent pour ne pas sombrer.
L’amour ne répare pas tout, mais il peut soutenir un processus de réparation — si chacun prend soin de soi, séparément et ensemble.
En résumé ?
Aimer ne guérit pas. Mais aimer en conscience, avec lucidité et respect, peut offrir un espace où chacun grandit. L’amour ne soigne pas les blessures du passé, mais il peut aider à ne plus les rouvrir.
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