Psynergy, Websie, Feelgood, La Clinique E-Santé … Très à la mode, la thérapie asynchrone s’est imposée avec la multiplication des plateformes et applications de consultations psychologiques en ligne. Le concept s’est par ailleurs répandu via les réseaux sociaux, où les pages spécialisées sur la santé mentale font la promotion de cette approche spécifique. De quoi s’interroger sur :

  • ce que représente exactement une thérapie asynchrone
  • les avantages singuliers qu’elle apporte.

Une thérapie en décalage

Toute la particularité de l’expression réside dans le terme” asynchrone” que le Larousse définit comme “ce qui n’est pas synchrone”, donc ce qui ne se fait pas en même temps. En effet, et contrairement à une thérapie classique en face à face, la thérapie asynchrone suppose un décalage entre ce que dit le patient et la réponse du psychologue. Ce décalage est propre au fonctionnement même de la thérapie en ligne via un site ou une application.

L’idée est simple : 

  • Vous vous inscrivez sur une plateforme de psychologues en ligne via votre ordinateur ou une application téléchargée sur votre smartphone.
  • Vous renseignez un questionnaire détaillant votre identité, votre situation, ce qui vous amène, vos besoins, les problèmes que vous voulez régler (cette étape s’avère importante, car elle permet de déterminer si l’équipe du site est à même de traiter votre problématique et de vous épauler efficacement. 
  • Vous choisissez un psychologue parmi les différents professionnels qui interviennent sur la plateforme, en fonction de son CV, de son expérience, de ses spécialités (addictions, burn-out, anxiété…).
  • Ce dernier, à partir des réponses de votre questionnaire, va amorcer un échange soit par vidéo ou audio, soit par mail ou texto, afin d’en savoir plus sur vos troubles.
  • Vous lui répondez soit par écrit, soit par audio, soit par vidéo selon les plateformes, en partageant vos impressions, vos ressentis, vos pensées, vos analyses.
  • Il commente votre réponse, vous propose une autre approche, des solutions, des outils pour gérer les crises d’angoisse par exemple (explication de la crise d’angoisse comme phénomène physiologique, exercices de respiration, pensées alternatives…).

Le dialogue se construit jour après jour, à raison d’une réponse détaillée quotidienne de la part du praticien. C’est cela, la thérapie asynchrone : le décalage entre votre parole et celle du psychologue qui vous suit. C’est un peu comme alimenter un journal intime qui vous répondrait, rebondirait sur vos pensées pour vous amener à les interpréter plus profondément.

Dit comme ça, cela semble aberrant, voire contre-productif, en tout cas contraire à l’image traditionnelle qu’on a d’un dialogue amorcé en cabinet, le patient couché sur un divan, le psychologue assis dans son fauteuil en train de noter ses confidences, bref un face à face organisé à intervalles réguliers, en fonction d’un calendrier prédéterminé. Or les nouvelles technologies ont fait bouger les lignes avec leur lot d’outils innovants, d’usages inédits : la thérapie asynchrone en fait partie avec des avantages non négligeables.

Des avantages déterminants car tournés vers l’humain

On évoque souvent le gain de temps, les tarifs plus abordables, l’accès à la thérapie pour les publics empêchés, les techniques et explications fournies pour constituer un kit d’urgence afin de mieux maîtriser crises d’angoisses et phobies… Il y en a d’autres qui me semblent pourtant déterminants car tournés vers l’humain proprement dit.

Le confort : avec la thérapie asynchrone, pas besoin de se rendre au cabinet du psychologue, vous pouvez consulter depuis chez vous, votre lieu de travail, en extérieur, dans un jardin, en vacances, bref là où vous vous sentez à l’aise, en adéquation avec vous-même et vos impératifs. Par ailleurs, vous n’êtes pas scruté par votre interlocuteur, ce qui peut s’avérer un soulagement pour certains patients qui craignent les regards extérieurs, recherchent la confidentialité (les personnes atteintes de phobie sociale, d’agoraphobie, de troubles du langage, de handicap…). Vous pouvez aussi consulter en pyjama, en fumant ou en buvant une tasse de thé, en mangeant des gâteaux, sans porter de masque si vous êtes dans votre maison. Vous êtes beaucoup plus libre.

La flexibilité : grâce à la thérapie asynchrone, on peut parler à son psychologue quand on le souhaite au gré de ses disponibilités, de ses pensées, de ses réactions, des urgences également. Vous venez de vivre une expérience marquante ? Vous pouvez en témoigner immédiatement. Vous avez un changement de planning professionnel ? Vous pouvez enregistrer votre message quand vous êtes libre et non à heure fixe. Vous êtes plutôt du matin ou du soir ? Pas de problème, vous communiquez selon votre rythme biologique.

Vous vous sentez anxieux, ou voyez arriver une crise d’angoisse ? Vous pouvez partager votre peur,  vos impressions immédiatement, voire actionner un signal d’urgence pour attirer l’attention de votre psychologue.

La fréquence : la thérapie asynchrone permet une fréquence soutenue des échanges, au quotidien ou presque. Elle peut donc être menée de manière intensive, ce que recherchent certains patients qui ne veulent pas attendre une à deux semaines entre deux rendez-vous. Cette fréquence peut évoluer selon l’avancée de la thérapie, les progrès effectués, le ressenti, les émotions. C’est le patient qui pilote l’agenda de ses confidences, selon son rythme et à sa convenance.

La présence : aussi étonnant que cela puisse paraître pour une thérapie à distance, cette fréquence induit aussi une présence. On dit souvent que suivre une thérapie asynchrone, c’est comme avoir un psy dans sa poche. C’est surtout avoir quelqu’un à son écoute régulièrement, à qui on peut se confier, et qui répondra rapidement de manière constructive et bienveillante. C’est donc un excellent moyen de rompre l’isolement mental dont on peut souffrir quand on est fragile.

La clarté : exprimer ses ressentis, c’est forcément mettre des mots dessus, donc faire un effort de réflexion, de synthèse et de formulation. C’est primordial dans tout travail sur soi, car cela permet de mettre une distance avec ses émotions, ses peurs, ses angoisses, donc de commencer à les domestiquer. Les enregistrements de vos commentaires comme de ceux de votre psychologue sont disponibles, vous pouvez les réécouter, les relire, c’est une mémoire vive de votre démarche. Cette trace de votre évolution témoigne très concrètement de vos progrès : c’est un excellent moyen de vous rassurer sur vos acquis, de reprendre confiance quand vous vous sentez dépassé, ce qui peut arriver durant une thérapie.

Globalement, la thérapie asynchrone se singularise par l’action. Le patient est à la manœuvre, il gère sa thérapie, en dicte l’impulsion, le rythme. Il s’approprie les outils qu’on lui fournit, prend le temps d’intégrer les remarques de son psychologue, de développer un lien de confiance. Certains vont même apprécier cet échange comparable aux correspondances du temps jadis. Cette prise en main ne conviendra pas à tous, bien sûr, mais pour beaucoup, elle ouvre des perspectives, s’avère essentielle afin de reprendre le dessus sur leurs troubles, de réinvestir leur être, de se responsabiliser, de forger leurs propres solutions. Le mieux est d’essayer, de tester : libre à vous d’arrêter si cela ne vous sied pas, et de poursuivre si vous vous sentez à l’aise.

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Vous désirez en savoir plus sur la thérapie asynchrone ? Peut-être en commencer une ? N’hésitez pas à me contacter, je répondrai à vos questions.

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